Quand des personnes allergiques nous contactent, nous leur proposons toujours un test en chatterie avant toute décision. Elsa est venue avec un profil particulièrement chargé : terrain atopique depuis ses 9 mois, allergique aux chats, chiens, chevaux, acariens, cyprès, avec des réactions sévères. Plusieurs allergologues lui avaient déconseillé catégoriquement d’adopter un chat.
Elle nous a écrit deux ans après l’adoption de Youri et Yennefer. Voici son témoignage, dans ses propres mots.
Allergique avec un terrain atopique depuis mes 9 mois, j’ai réussi à vivre avec des animaux lorsque j’étais adolescente mais mes allergies ont empiré. Jeune adulte, j’avais renoncé à vivre avec des animaux car mes tests me déclaraient très allergique aux chats, chiens et chevaux. Ne serait-ce que me rendre dans de la famille ou chez des amis avec des chats devenait très compliqué. Souvent, je devais partir prématurément car je développais des plaques, de l’asthme, mes yeux gonflaient et devenaient très rouges.
C’était le drame de ma vie car entre mes 5 et 19 ans, je voulais être vétérinaire, j’adorais les animaux et vivre avec des chats me manquait énormément. Je m’étais renseignée auprès de différents allergologues, leur verdict était clair : « On ne vous désensibilisera pas au chat, ce n’est pas un acte anodin, si vous êtes allergique aux chats, vous n’en prenez pas. Point. »
Un jour, je découvre l’existence d’une race hypoallergénique : les chats sibériens. Une amie me parle de son chat sibérien Uruk, qui vient de la chatterie de la Grande Étoile. J’en parle tout de suite avec Laurent, mon compagnon. Nous restons tout de même très dubitatifs à cause de mon terrain allergique très élevé et surtout mes réactions assez graves. Nous décidons cependant d’essayer et de réaliser un test en chatterie.
Nous sommes accueillis par Léa et Thomas, mais également par leurs mâles : Titus, Ural et Sweet Dreams. Nous sommes en pleine phase de pollinisation, j’arrive déjà avec les yeux qui pleurent. Nous passons plus d’une heure à parler de la conception de l’élevage éthique de Léa, quel serait le chaton idéal pour nous, tout en gratouillant Ural et Titus. Laurent prend des poils à pleine main et me les pose sur ma peau. Et c’est un petit miracle pour moi : je n’ai aucune réaction. Mes yeux larmoyants lorsque je suis arrivée sont redevenus nickels, les seules larmes qui me viennent c’est d’émotion lorsque je prends Titus dans mes bras.
Plusieurs mois plus tard, ça sera Youri, le fils de Titus, qui nous rejoindra… puis Yennefer, la fille de Sweet Dreams, deux mois plus tard.
J’ai quelques picotements les dix premiers jours qui suivent l’arrivée de Youri, qui disparaissent dès que l’on sort l’un des bacs à litière de la chambre. Je n’ai aucune réaction à mon chaton qui pourtant dort dans la chambre, avec nous dans le lit. Lorsque Yennefer arrive, je n’ai pas plus de réaction.
Aujourd’hui, Youri et Yennefer ont bientôt 2 ans. Je plonge mon visage dans leur pelage, ils sont très souvent collés à moi et Yen dort contre moi la nuit. C’est moi qui m’occupe du brossage quotidien, je les papouille, ils frottent leurs têtes sur mon visage, me lèchent les doigts… et je n’ai toujours rien. Les petites griffouilles accidentelles ne gonflent pas. Et de plus, mon corps étant habitué à une quantité minimale de Fel d1, je peux maintenant passer du temps chez des personnes qui ont des chats sans réagir ! Avant d’accueillir Youri, j’avais rendu visite à Léa en expo — au bout de 2h, j’avais les yeux rouges, des plaques et de l’asthme. J’ai pu passer plusieurs week-ends entiers avec eux en expo sans réagir aussi fortement. Finalement, ma désensibilisation je l’ai faite seule. Youri et Yennefer ont changé ma vie car je peux enfin revivre avec des chats — et quels chats ! Ils sont tout simplement exceptionnels. Laurent me dit souvent : « Qu’est-ce que c’est bien que tu sois allergique, sans cela, on n’aurait jamais découvert cette race. »
Elsa
Le témoignage d’Elsa ne signifie pas que le chat sibérien convient à toutes les personnes allergiques : la production de Fel d1 varie d’un individu à l’autre, et un suivi allergologique reste indispensable pour les profils sévères. Mais il illustre pourquoi nous proposons systématiquement un test en chatterie, long, avec les adultes reproducteurs, avant toute décision.
Si vous êtes dans une situation similaire, contactez-nous.
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