Pourquoi tester PKDef, HCM et BAER avant toute saillie : la génétique au service de la santé

Pourquoi tester PKDef, HCM et BAER avant toute saillie : la génétique au service de la santé

Derrière chaque chaton qui rejoint une nouvelle famille se cache un travail de sélection souvent invisible pour l’adoptant. Parmi les outils les plus importants de ce travail figurent trois tests : PKDef, HCM et BAER. Ce sont des sigles que l’on retrouve fréquemment sur les pedigrees et les fiches d’élevage, mais que peu d’adoptants savent réellement décoder. Nous vous expliquons ce qu’ils signifient, pourquoi nous les réalisons systématiquement avant toute saillie, et en quoi ils constituent un repère fiable pour choisir un élevage sérieux.

PKDef : protéger la race contre une maladie sanguine héréditaire

Le déficit en pyruvate kinase, ou PKDef, est une maladie génétique héréditaire qui touche les globules rouges. Les chats atteints souffrent d’une anémie hémolytique chronique, c’est-à-dire d’une destruction prématurée de leurs globules rouges, qui peut se manifester par de la fatigue, une perte de poids, ou des épisodes plus aigus selon la sévérité du cas.

Cette maladie se transmet selon un mode récessif : un chat peut être porteur sain du gène sans présenter aucun symptôme, et ne transmettre la maladie à sa descendance que si l’autre parent est lui aussi porteur. C’est précisément ce qui rend le dépistage indispensable. Un test ADN, réalisé à partir d’un simple prélèvement buccal, permet de connaître le statut exact d’un chat : indemne, porteur sain, ou atteint.

Dans notre programme d’élevage, tous nos reproducteurs sont testés et déclarés indemnes, ce qui garantit qu’aucun chaton issu de nos lignées ne pourra développer la maladie ni en être porteur. Cette exigence va au-delà de la simple règle consistant à éviter l’accouplement de deux porteurs entre eux : elle repose sur une sélection en amont qui écarte tout risque de transmission, tout en s’appuyant sur un vivier de lignées suffisamment large pour préserver la diversité génétique de la race.

HCM : surveiller le cœur avant qu’il ne soit trop tard

La cardiomyopathie hypertrophique, ou HCM, est la maladie cardiaque la plus fréquente chez le chat. Elle se caractérise par un épaississement progressif du muscle cardiaque, en particulier du ventricule gauche, ce qui peut à terme provoquer une insuffisance cardiaque, des caillots sanguins, voire une mort subite dans les formes les plus graves.

Contrairement à PKDef, il n’existe pas de test ADN unique et fiable pour l’ensemble des races atteintes : le dépistage repose principalement sur une échocardiographie réalisée par un cardiologue vétérinaire spécialisé, idéalement répétée à intervalles réguliers tout au long de la vie reproductive du chat, car la maladie peut se développer plus tardivement. C’est un examen plus engageant qu’un simple test salivaire, à la fois en termes de coût et de suivi, mais c’est aussi pour cette raison qu’il constitue un marqueur fort de sérieux chez un éleveur.

Nous faisons réaliser ces échographies cardiaques régulièrement sur l’ensemble de nos reproducteurs, et nous contribuons les résultats à la base de données HCM internationale, ce qui permet d’affiner collectivement la compréhension de cette maladie au sein de la race. Un chaton dont les deux parents sont suivis cardiologiquement n’est jamais une garantie absolue contre la maladie, mais c’est une réduction significative du risque, et surtout un signe de transparence de la part de l’éleveur.

BAER : entendre ce que l’œil ne voit pas chez les chats blancs

Le test BAER, pour Brainstem Auditory Evoked Response, mesure la réponse électrique du cerveau à un stimulus sonore. Il est particulièrement pertinent chez les chats blancs, surtout ceux porteurs du gène responsable des yeux bleus, car ce gène est statistiquement associé à un risque accru de surdité congénitale, uni ou bilatérale.

Concrètement, le test consiste à placer de petites électrodes sur le crâne du chaton, généralement vers l’âge de 8 à 10 semaines, et à mesurer sa réponse cérébrale à différents sons. Le résultat indique si chaque oreille entend normalement, partiellement, ou pas du tout. Un chaton sourd d’une oreille peut vivre une vie tout à fait normale avec quelques précautions, mais l’information doit être connue et transmise à l’adoptant en toute transparence, notamment pour adapter l’environnement et la communication avec l’animal.

Chez nos reproducteurs blancs aux yeux bleus, ce test fait partie intégrante du protocole avant toute saillie, et nous transmettons systématiquement le statut auditif de chaque chaton concerné à ses futurs adoptants.

Ce que ces trois tests disent d’un élevage

Ces tests ont un coût, demandent du temps, et n’apportent parfois que des informations négatives, c’est-à-dire confirmant simplement l’absence de problème. Il serait pourtant facile de s’en dispenser, surtout pour un éleveur peu scrupuleux pressé de faire reproduire ses chats. C’est précisément pour cette raison qu’ils constituent un excellent indicateur de sérieux.

Si vous recherchez un chaton, qu’il vienne de notre chatterie ou d’un autre élevage, n’hésitez jamais à demander les résultats de ces tests pour les deux parents. Un éleveur transparent vous les présentera sans difficulté, accompagnés des dates et, si possible, des certificats de laboratoire. C’est un réflexe simple qui en dit long sur la rigueur d’un programme d’élevage, et qui contribue, saillie après saillie, à la santé de la race dans son ensemble.

Article rédigé à titre informatif sur la base de notre pratique d’élevage et de notre engagement pour la santé génétique de la race.