Faire venir un chat de l’étranger : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Qu’il s’agisse d’accueillir un chaton venu d’un pays voisin pour rejoindre une famille adoptante, ou d’importer un reproducteur destiné à enrichir notre programme d’élevage, faire voyager un chat à travers une frontière obéit à des règles précises. Ces règles existent pour une raison simple : protéger le territoire européen de maladies graves comme la rage, tout en garantissant le bien-être de l’animal pendant son transport. Nous faisons le point sur les conditions à connaître, que l’on soit adoptant ou éleveur.
Le socle commun : identification et vaccination antirabique
Quelle que soit la situation, trois exigences reviennent systématiquement.
L’identification. Le chat doit porter une puce électronique conforme à la norme ISO 11784, implantée avant toute vaccination antirabique pour que celle-ci soit valable. Un tatouage reste accepté s’il a été réalisé avant le 3 juillet 2011 et reste parfaitement lisible, mais ce cas concerne aujourd’hui très peu d’animaux.
La vaccination contre la rage. Le chat doit avoir au moins 12 semaines lors de la primo-vaccination, et celle-ci doit intervenir après la pose de la puce. Un délai d’au moins 21 jours après l’injection est obligatoire avant tout voyage, le temps que l’immunité se développe. Si un rappel est fait dans les délais prévus par le fabricant du vaccin, ce délai d’attente ne s’applique pas pour les voyages suivants. En revanche, si le rappel intervient après l’expiration du précédent vaccin, on repart sur une primo-vaccination et donc sur un nouveau délai de 21 jours.
Le document de voyage. Pour un chat venant d’un pays de l’Union européenne, le passeport européen pour animaux de compagnie suffit, à condition d’être à jour. Pour un chat venant d’un pays tiers (hors UE), les choses se compliquent sensiblement, comme nous le détaillons plus bas.
Cas n°1 : un adoptant étranger vient chercher son chaton
C’est une situation que nous rencontrons régulièrement, lorsqu’un futur propriétaire suisse, belge ou d’un pays plus lointain vient récupérer son chaton chez nous.
Si l’adoptant réside dans l’Union européenne ou dans un pays assimilé (Suisse, Liechtenstein, Norvège, Andorre, Monaco, Saint-Marin, Vatican notamment), le retour dans son pays avec le chaton se fait sans contrôle documentaire systématique à la frontière, à condition que le passeport européen, la puce et la vaccination antirabique soient en règle. Le chaton doit néanmoins avoir l’âge minimum requis pour la vaccination, ce qui explique pourquoi nous ne laissons jamais partir un chaton avant ses 12 semaines pleines suivies du délai vaccinal.
Si l’adoptant vient d’un pays tiers et repart avec le chaton vers ce pays, c’est sa réglementation d’importation locale qui s’applique à l’arrivée, et non la réglementation française. Nous recommandons systématiquement à ces adoptants de se renseigner auprès des autorités vétérinaires de leur propre pays avant le voyage, certains exigeant un titrage sérique des anticorps antirabiques ou une quarantaine.
Cas n°2 : nous importons un chat depuis l’étranger pour notre programme
C’est la situation inverse : faire venir en France un reproducteur sélectionné chez un éleveur étranger.
Depuis un pays de l’UE ou assimilé. La démarche est la plus simple. Le chat voyage avec son passeport européen, sa puce et sa vaccination antirabique à jour. Aucun contrôle documentaire systématique n’est requis au passage de la frontière, même si nous gardons toujours les documents sur nous en cas de contrôle.
Depuis un pays tiers hors UE. C’est ici que la vigilance s’impose vraiment. En plus de la puce et de la vaccination antirabique, le chat doit dans la plupart des cas avoir subi un titrage sérique des anticorps antirabiques : une prise de sang réalisée au moins 30 jours après la vaccination et au moins 3 mois avant l’entrée sur le territoire européen, analysée dans un laboratoire agréé par l’UE, avec un résultat supérieur ou égal à 0,5 UI/ml. Ce délai de 3 mois ne s’applique pas si le chat revient sur le territoire de l’UE après en être sorti, à condition que le titrage ait déjà été réalisé avec un résultat favorable avant son départ.
Le chat doit également être accompagné d’un certificat sanitaire officiel délivré par un vétérinaire du pays d’origine, conforme au modèle européen, valable 10 jours à compter de sa délivrance. Le point d’entrée dans l’UE doit obligatoirement disposer d’un poste de contrôle frontalier habilité à contrôler les animaux de compagnie : il est indispensable de vérifier ce point avant de réserver le transport, sous peine de voir l’animal refoulé.
Une dérogation existe pour les chats destinés à participer à une exposition, un concours ou un rassemblement félin, ou en revenant : un simple certificat de vaccination antirabique en cours de validité peut alors suffire, sans titrage ni visite sanitaire. Cette dérogation est précieuse pour nous lorsque nous ramenons un chat ayant concouru à l’étranger, mais elle ne s’applique pas à une importation définitive classique d’un reproducteur.
Le nombre de chats et le cadre commercial
La réglementation européenne limite à 5 animaux de compagnie le nombre transporté par personne sans basculer dans le régime commercial, sauf dérogation pour la participation à une exposition. Pour un éleveur qui importerait plusieurs chats destinés à la vente ou à la reproduction professionnelle au-delà de ce seuil, ou de manière générale dans un cadre commercial, ce sont les règles applicables aux mouvements commerciaux d’animaux qui s’imposent, avec une procédure TRACES NT et l’émission d’un document sanitaire commun d’entrée. C’est un cadre plus lourd, mais incontournable dès que l’opération sort du strict cadre personnel.
Et les autres maladies que la rage ?
La réglementation européenne se concentre presque exclusivement sur la rage, mais cela ne dispense pas d’une vigilance sanitaire plus large. Avant tout import, nous faisons systématiquement réaliser un bilan complet par un vétérinaire dans le pays d’origine : recherche de FeLV et FIV, dépistage des parasites internes et externes, et selon la race, contrôle des pathologies génétiques connues. Ce n’est pas une obligation légale à la frontière, mais une précaution indispensable pour la santé de notre cheptel et celle des chats déjà présents à la chatterie.
Anticiper plutôt que subir
Notre conseil, qu’on soit adoptant ou éleveur : anticiper ces démarches plusieurs mois à l’avance, surtout en cas d’import depuis un pays tiers où le délai de titrage de 3 mois conditionne l’ensemble du calendrier. Un dossier incomplet ou un poste frontalier non habilité peut entraîner la réexpédition de l’animal vers son pays de départ, une mise en quarantaine, voire des conséquences bien plus graves. Mieux vaut prendre le temps de vérifier chaque pièce du dossier avant de réserver le moindre billet.
Article rédigé à titre informatif. Les réglementations sanitaires européennes évoluent régulièrement : nous recommandons de vérifier les exigences en vigueur auprès des services vétérinaires officiels avant tout déplacement international avec un chat.

